AKON

Le 01/12/2008 à 09h12, par SFR Live Concerts

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AKON

"Aujourd'hui, je suis libre"
Suite logique des précédents, le troisième album d’Akon s’intitule Freedom. Une liberté chèrement acquise pour ce fils de musicien sénégalais, qui connut des déboires lors de son adolescence dans le New Jersey. Revenu de ces épreuves, il culminera au sommet des charts en 2004 avec Locked up et Lonely, puis, en 2006, avec I Wanna Love You et Smack that. Homme d’affaires avisé, on lui doit la découverte de T-Pain ou Brick & Lace. Il est temps d’ajouter un troisième chapitre à ce conte de fées moderne. 

Comment as-tu travaillé sur ce troisième album, en sachant que les deux premiers ont très bien marché ?
Je suis très heureux du succès rencontré par mes précédents albums, bien sûr, et j’ai essayé de faire en sorte que celui-ci connaisse le même destin. J’ai beaucoup expérimenté sur ce nouvel album, mais tout en ne m’éloignant pas trop du son Konvict, qui est ce pour quoi je suis connu. Sur Freedom, on a essayé de créer une vibe plus club, plus européenne, et de l’amener sur le marché américain. Du coup, c’est un disque plus international que les précédents.

 

Est-ce pour cette raison que tu utilises l’effet vocodeur ? Est-ce que le succès de ton poulain, T-Pain, t’a poussé à utiliser le fameux Auto-Tune ?
Il faut savoir que l’Auto-Tune est une marque de fabrique Konvict. C’est moi qui ai encouragé T-Pain à l’utiliser sur ses premiers enregistrements, il y a trois ans. A l’époque tout le monde me demandait "Pourquoi as-tu signé un artiste qui ne sait même pas chanter ?" T-Pain peut chanter toute la journée s’il le veut, ce n’est pas la question. Mais à ce moment, ce son représentait le futur. Et si au départ on nous a critiqués, depuis  nous avons été largement copiés. C’est toujours comme ça aux Etats-Unis : dès que quelqu’un trouve un truc qui marche, tout le monde veut l'imiter. Au final, il arrive un moment où ton propre son finit par t’ennuyer. C’est pour ça qu’aujourd’hui ma musique a encore évolué vers ce son plus "euro-club". Laisse leur un an et demi, et ils l’auront tous adopté. Alors je trouverai encore quelque chose de nouveau, etc. L’important pour moi, c’est d’être le premier sur les nouvelles tendances.

 

Pourquoi ton album s’appelle-t-il Freedom ?
Ce titre a beaucoup de significations, mais à la base il signifie  qu’aujourd’hui je suis complètement libre. Le concept de Trouble ("ennuis") et Konvicted ("condamné") correspondait à une réalité qui était la mienne à l’époque, celle de la rue, de la survie. Au fil de ma carrière, j’ai découvert via ma musique une réalité plus positive, qui touche les gens, qui leur permet de grandir, de changer, tout en me permettant d’évoluer également, de m’occuper de ma famille ; tout simplement de vivre au lieu de survivre. Je peux enfin me permettre d’être une personne à part entière. Il y a une époque où je n’aurais jamais cru pouvoir vivre de ma musique. Ma liberté vient de là.

 

C’est un peu le thème repris dans la chanson du même nom ?
C’est une des chansons les plus intimes que j’ai jamais écrites. Elle raconte mon parcours : comment je suis parti d’Afrique pour tenter ma chance en Amérique, mon succès, les controverses rencontrées sur le chemin… Comme il a fallu tout compacter en 3’30, j’ai surtout voulu développer un feeling. Cette histoire est la mienne, bien sûr, mais je voulais que chaque auditeur puisse s'y identifier, qu’elle puisse l’aider à avancer dans les moments difficiles.

 

Peux-tu nous parler des featurings présents sur cet album ?
En général, je ne fais pas beaucoup de collaborations sur mes albums personnels. Mais sur celui-ci il y en a un peu plus qu’auparavant, ne serait-ce que parce que ma famille musicale s’est étendue via mon label, Konvict Muzik. On y retrouve la plupart des artistes que j’ai signés dernièrement : Kardinal Offishall, Ray Lavender, Colby O’Donis et bien évidemment T-Pain. On peut dire que c’est un album fait maison. D’ailleurs, je l’ai réalisé en collaboration avec trois nouveaux producteurs que j’ai pris sous mon aile, et je souhaite développer leurs carrières dans un futur proche.

 

On retrouve aussi quelques éléments externes comme Young Jeezy, Lil Wayne et surtout Wyclef Jean, avec qui tu as commencé au sein du Refugee Camp. Sa présence a valeur de symbole pour toi ?
Bien sûr. La chanson s’appelle Sunny Day et elle reflète notre passé, célèbre le futur ainsi que notre présent commun, où nous connaissons le succès. Nous avons tous les deux commencé dans le New Jersey au milieu des années 90, dans un endroit qui s’appelait Booga Basement, et qui était une sorte de camp de réfugiés ; on venait d’un peu partout (je suis Sénégalais, Wyclef est Haïtien…), personne n’était Américain, mais chacun avait un talent et essayait de le développer. C’est à cette époque qu’est sorti l’album The Score des Fugees, avec le succès qu’on lui connaît (plus de 20 millions d’exemplaires vendus). Tous ceux qui avaient participé au projet ont eu un contrat dans l’industrie du disque, moi y compris. J’ai été signé une première fois en 1996, mais j’étais trop éparpillé à l’époque et je n’ai pas su en profiter. Quand on m’a offert d’enregistrer Trouble en 2004, je n’ai pas laissé cette chance m’échapper une seconde fois (rires) !

 

 

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