Blur - No Distance Left To Run

Le 11/02/2010 à 19h02, par SFR Live Concerts

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Blur - No Distance Left To Run

Reformé contre tout attente après huit ans d'absence et de brouille entre Damon Albarn et le guitariste Graham Coxon, Blur a visité l'été dernier les scènes les plus prestigieuses de son île natale (ainsi que quelques privilégiés d'outre-Manche parmi lesquels Lyon). Un double DVD (docu + concert) sort aujourd'hui pour retracer cette formidable épopée.

Le documentaire No Distance Left To Run est un testament – rien que le titre, d'ailleurs ("Plus de distance à parcourir")... Qui n'a pas définitivement abandonné l'espoir de voir un jour naître un nouvel album de Blur au terme de ces 98 minutes frôle la caricature de l'optimisme. Pour autant, il s'agit aussi d'une des plus belles célébrations de l'amitié et de la fraternité qu'il ait été donné de voir sur pellicule depuis Le Cercle des Poètes Disparus. Monté comme une fiction – ou plutôt comme une narration – le docu alterne images d'archives et témoignages du temps présent pour offrir un meilleur éclairage sur les événements passés. On rit parfois de bon cœur (Damon Albarn, la tête entre les mains, à se demander qu'est-ce qui lui a pris de vouloir partager son Brit Award avec Oasis en 1995…), mais l'ambiance générale est plutôt à la confession intime ; les remarques sont brutes de décoffrage, les sentiments non filtrés, sans pudeur ni tabou, on n'épargne rien ni à soi ni aux autres, avec cette sincérité désarmante qui nous donne parfois l'impression d'être plus voyeur que spectateur. Au final, le destin de Blur s'apparente à une route sinueuse éclairée par des lumières trop aveuglantes avec au bout ce pardon inconditionnel dont seuls les frères sont capables. En ça, No Distance Left To Run est un film magnifique à voir de toute urgence.

Le concert pressé sur le deuxième DVD prolonge quant à lui cette sensation d'intimité qui dominait le disque 1. Captés lors de la première des deux soirées spéciales à Hyde Park, en plein cœur de Londres, les vingt-cinq morceaux proposés ici montrent Blur en meilleure forme que jamais. Comme le dit Damon Albarn dans le docu, "la force de Blur, c'est d'avoir réussi à revenir intact" ; ce live en est la preuve la plus éclatante. Alternant images de performance pure (quatre gars qui jouent de la musique, classique), plans "chirurgicaux" sur un micro-événement (une expression, un sourire fugace échangé…) et de nombreux plans de la foule, le réalisateur parvient à retranscrire la communion qui liait ce soir-là le groupe et son public lors de cette gigantesque cérémonie de retrouvailles. Tous les tubes des Anglais sont évidemment de la partie, des tout débuts (She's So High, There's No Other Way, For Tomorrow…) à la toute fin (Out of Time, extrait de Think Tank, un album sur lequel n'était même pas le guitariste Graham Coxon), en passant par le triangle doré : Parklife (Girls & Boys, End of A Century, Parklife avec en invité un Phil Daniels survolté !), The Great Escape (Country House, The Universal) et Blur (Song 2, Beetlebum…) – seul Charmless Man manquait inexplicablement à l'appel des hits. Pour autant, n'étant pas du genre à se cantonner aux concerts "best of", ils régaleront aussi le public de quelques morceaux moins connus du grand public, parmi lesquels un Death of A Party complètement inespéré.

BLUR - NO DISTANCE LEFT TO RUN

Aussi incroyable a été l'épopée de cette reformation, elle n'en reste pas moins qu'une parenthèse enchantée coincée entre juin et août 2009. Chaque membre de Blur a ses propres projets et compte bien les mener à bien. Le plus occupé étant évidemment Damon Albarn, l'homme aux mille collaborations, qui risque d'être très pris ces prochains mois avec la sortie du très attendu troisième album de Gorillaz, Plastic Beach, annoncé pour le 8 mars sous nos latitudes. Après un concert exclusif au festival Coachella en Californie le 18 avril prochain, il se murmure également que le groupe virtuel pourrait bien déballer ses amplis du côté de Londres dans les semaines qui suivront. On peut également retrouver le chanteur sur le nouvel album de Massive Attack, Heligoland, auquel il a activement participé (notamment en prêtant sa voix au morceau Saturday Come Slow). Pour ce qui est de la suite, difficile de savoir s'il compte donner suite à The Good, The Bad and The Queen, continuer ses collaborations avec des artistes africains (Mali Music, Africa Express, Amadou & Mariam…) ou se lancer tête baissée dans un autre projet (forcément) excitant…

Le guitariste Graham Coxon poursuit en parallèle – puis en dehors – de Blur une carrière solo depuis 1998 et a sorti son septième album, The Spinning Top, au printemps 2009. Il a également participé activement aux albums de plusieurs de ses amis, dont le plus notoire reste Peter Doherty (il joue quasiment toutes les guitares de son premier album solo, Grace/Wastelands). Plus subliminal, on peut aussi l'entendre démarrer sa moto au début du morceau Saturday Night sur le premier album des Kaiser Chiefs (crédité dans le livret !).
Enfin, si on parle moins d'eux, le bassiste Alex James et le batteur Dave Rowntree ont également des actualités très intéressantes, dans des domaines très différents. James a rejoint en 2009 les anciens membres de New Order pour former le groupe Bad Lieutenant ; l'album Never Cry Another Tear est sorti dans la foulée. Il a également sorti en 2008 un bouquin retraçant le parcours de Blur intitulé (en anglais) Bit of A Blur. Rowntree, quant à lui, a fait "une crise de la quarantaine à l'envers" (ses propres mots) et est rentré en politique en rejoignant le parti Travailliste (Tony Blair, Gordon Brown…). Comme une blague, le stand de merchandising vendait d'ailleurs à Londres des t-shirts "Vote Dave" avec un portrait du batteur façon Obama.

 

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