Danko Jones : "Je défie quiconque de trouver quoi que ce soit de sexiste ou de misogyne dans mes textes"

Le 30/09/2010 à 10h09, par SFR Live Concerts

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Danko Jones : "Je défie quiconque de trouver quoi que ce soit de sexiste ou de misogyne dans mes textes"

Danko Jones, Korn et Ozzy Osbourne, en voilà une belle affiche : suffisamment variée pour ne pas lasser le public, mais sans excès non plus afin d’éviter les récriminations des uns ou des autres. Et c’est le programme qui nous attendait en ce lundi 20 septembre, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Korn et "Papy" Osbourne ayant déjà été traités en nos pages, il ne nous restait plus qu’à nous pencher sur le cas du premier, dont le nouvel album, Below The Belt, est sorti en mai dernier. Rencontre avec son leader, le guitariste/chanteur Danko Jones, et l’un de ses acolytes, le bassiste John Calabrese.

 

Les trios se font rares de nos jours. Ne vous sentez-vous pas en sous-effectif face aux groupes de metalcore à deux chanteurs et deux guitaristes, de gothique à chanteur, chanteuse et claviériste, ou de pagan à instruments traditionnels supplémentaires, qui alignent souvent six ou sept membres ?
Danko :
Au contraire, cela nous différencie des autres. Pendant que certains se mettent du maquillage ou ramènent des accessoires de folie sur scène, nous, on débarque à trois avec nos bites et nos couteaux ! Résultat : on se détache du lot.
John : Et cela a ses avantages lorsqu’il s’agit de partager les recettes.
Danko : Tout le monde n’a pas la chance d’être aussi populaire que Slipknot. Donc, quand tu te pointes à sept, tu as intérêt à brasser pas mal de tunes.

Avez-vous néanmoins envisagé d’engager un second gratteux, par exemple ?
Danko :
On en parle depuis quinze ans, mais cela s’est arrêté là. À quatre, ce serait trop compliqué. 

Comment ça ? Quatre mecs dans un groupe, ce n’est pas la mort !
Danko :
Bien sûr, mais, du point de vue de l’interprétation, il est plus facile de balancer la purée quand on n’a pas à se préoccuper des interactions entre les deux guitares. Regarde Motörhead et ZZ Top, cela leur a plutôt réussi, non ? Tu me diras que Motörhead sonne très bien à quatre, mais je te répondrai que cela sonne encore mieux à trois ! De toute façon, si l’on ressentait le besoin d’étoffer notre line-up, on le ferait. Il n’y a pas un gros connard en costard avec un cigare dans le bec planqué derrière nous qui nous dicte ce que l’on doit faire parce que nos culs lui appartiennent. Nous menons notre barque à notre guise.

J’imagine que vous êtes maîtres de vos visuels également. Alors, quelle impression avez-vous voulu donner avec la pochette de Below The Belt, sur laquelle on peut voir, dans l’ordre, un lion, toi, Danko, assis dans un fauteuil en osier, et une gonzesse en petite tenue ?
Danko :
C’est censé représenter le rock. Maintenant, si tu veux creuser davantage, tu y trouveras des références à nos anciens albums. Le lion, notamment, évoque Born A Lion et mon signe zodiacal. J’ai toujours eu envie de me faire photographier à côté d’un lion et l’on avait décidé de ne rien se refuser pour que ce disque pète, donc c’était le moment ou jamais. Quant au fauteuil, il rappelle une célèbre photo de Huey Newton, le leader et cofondateur des Black Panthers, et je me suis dit que ce serait cool de l’imiter à ma façon en mettant une fille blanche à la place d’une noire — en l’occurrence, Riley Steele, mon actrice porno favorite. Elle est sous contrat avec Digital Playground, l’une des plus grosses boîtes de production de films X, mais elle a aussi dansé avec Kid Rock et joué dans le film Piranha 3D d’Alexandre Aja. 

La photo a-t-elle été bricolée sous Photoshop ou le lion était-il réellement là, juste à côté de toi ?
Danko :
Il était dans le studio avec nous, mais, pour des raisons de sécurité, nous n’avions pas l’autorisation de nous en approcher à moins de deux mètres.
John : Ce n’est pas exactement un chat, quoi ! Nous sommes musiciens et il n’est pas souhaitable que l’on se fasse amputer d’un bras. On en a besoin pour jouer ! Au début, on avait même songé à y ajouter des loups et des serpents, mais, après réflexion, on a dû admettre qu’être entourés d’animaux sauvages n’était peut-être pas très judicieux. Alors, on s’est contentés du lion.

Et vous n’aviez pas peur de paraître sexistes, ne serait-ce qu’à cause de la tenue légère de la demoiselle ?
Danko :
Tant qu’à mettre une jolie fille sur la pochette, on n’allait quand même pas trop l’habiller, n’est-ce pas ? (rires) Mais je ne vois pas ce que cette photo a de sexiste. Riley n’est ni à genoux, ni à quatre pattes, ni dans aucune autre position dégradante. Au contraire, l’image qu’elle projette est celle d’une femme forte. Elle est située en hauteur par rapport à moi et on dirait plutôt qu’elle veille sur moi. On fait très attention à ce genre de choses parce que l’on sait qu’il y a une ligne blanche à ne pas franchir. On aime bien provoquer les gens et flirter avec les limites, mais cela ne va pas plus loin. Je défie quiconque de trouver quoi que ce soit de sexiste ou de misogyne dans Danko Jones. Cela fait quinze ans que l’on me reproche d’écrire de tels textes, mais le challenge reste ouvert. Allez-y, épluchez nos paroles, cherchez les passages sexistes et balancez-les-moi dans la gueule ! Certes, je n’offre pas d’argent, mais nul ne m’a jamais contredit sur ce point en m’apportant des preuves.

Oui, mais tu sais comme moi que certaines féministes sont un peu bornées…
Danko :
Là, je te laisse l’entière responsabilité de ta déclaration. Je me garderais bien de te donner raison. C’est TA ligne blanche et non la mienne ! (rires)

Ce que je voulais dire, c’est qu’elles ne liront même pas tes paroles et monteront sur leurs grands chevaux rien qu’en voyant la photo. Et si elles apprennent que Riley est dans le X, ce sera pire !
Danko :
Il n’y a rien de mal à faire du porno.

Peut-être, mais, elles, elles pensent que c’est une forme d’exploitation de la femme…
Danko :
C’est une conversation que j’ai déjà eue longuement à de nombreuses reprises avec des féministes. Et, à la fin, même si elles ne l’admettaient pas, je pouvais lire dans leurs yeux qu’elles auraient aimé voir un film de cul.
John : Et puis, elles démarrent au quart de tour et s’offensent un peu trop facilement. Il serait bon qu’elles se trouvent d’autres sujets de préoccupation, car il y a des tas de choses bien plus graves que cela en ce bas monde.

Et comment as-tu atterri dans le bouquin Sex Tips From Rock Stars (les trucs sexuels des rockstars, ndlr) de Paul Miles, Danko ?
Danko :
Paul m’a demandé d’y participer, tout simplement. Au départ, j’avais refusé, mais il a su me convaincre. Lemmy, de Motörhead, avait accepté et cela me semblait être une excellente raison. Mais j’ai bien pris soin de parler en tant qu’individu lambda, au lieu de me placer dans la peau d’une rockstar. Je ne lui ai pas raconté d’histoires de groupies et je ne suis pas non plus rentré dans les détails, genre "cette nuit-là, à Denver, il y avait trois filles…". Je suis sûr que, parmi tous les musiciens qu’il a interviewés, j’ai été l’un des plus ennuyeux. Comme je le lui ai expliqué, je n’ai jamais été porté sur les trucs dingues, comme les "ménages à trois" (en français dans le texte, ndlr) ou les orgies. Parce que ce genre de choses peuvent arriver dans le rock’n’roll ! (rires) Et je me suis assuré également de ne rien lui confier qui pourrait m’incriminer ou revenir me hanter plus tard.

Comme des relations avec des mineures ? (rires)
Danko :
Oui, mais non. Je ne suis pas Roman Polanski, moi ! Et j’espère que mes propos auront été fidèlement retranscrits et qu’ils ne seront pas sortis de leur contexte. Je n’avais pas vraiment réalisé dans quoi je m’embarquais. Je croyais que cela passerait inaperçu, mais on ne cesse de m’interroger à ce sujet. Avec le temps, heureusement, cela finira par retomber dans l’oubli et plus personne ne me parlera de ce fichu bouquin !

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