Dossier spécial Nuit Electro : le Grand Mix

• La minimale
• L'électronica
• Le dubstep
• Le downtempo
• La house
• La techno
• La platine, l'instrument du DJ
• Le mode d'emploi pour voir la Nuit Electro sur le web
Et si le style, c’était justement de ne rentrer dans aucune case ? Depuis le raz-de-marée Justice en 2007, on sait que l’on peut aimer Metallica, la techno et Julien Clerc en même temps. Car la génération Y, celle née avec Internet, apprend quelque chose de vital à l’univers de la musique (et en général à tous ceux qui ont dépassé la barre fatidique des 30 ans), il n’y a plus de genres, de barrières, de frontières. Depuis l’explosion Justice, on sait que l’électronique d’aujourd’hui est énergique, compressée, saturée et surtout multiple.
A son corps défendant, le duo parisien a engendré le mouvement dit turbine (ou french touch 2.0 comme l’ont édicté des petits malins) : une techno sans retenue, cutée, hachée, saccadée, sans concession… comme l’impression d’avoir la tête dans une turbine de réacteur. Si certains s’accrochent avec réussite à ce style, comme le Français The Toxic Avenger, le Russe Proxy, les Belges The Subs, d’autres ont su s’en affranchir, n’en utilisant que quelques codes qu’ils mixent avec intelligence avec d’autres influences. On pense à Brodinski, mais surtout à son comparse Yuksek, au premier album maîtrisé à l’excellent live.
En fait, tout tourne à l’énergie et au mélange. Il n’y a plus de chapelles, on passe de la techno à la musique libanaise, du Kuduro angolais à la house à l’ancienne, du dub digital de Jamaïque au hip-hop, du baile funk des favelas brésiliennes à la bass music américaine, de la ghetto tech au rock, le tout en un battement de cils. L’internet abolit les frontières, éduque nos oreilles à une vitesse hallucinante. Qui aurait parié un kopeck sur Buraka Som Sistema, collectif portugais au mélange ahurissant de house tordue et de Kuduro ? Qui aurait signé la house du Sud-Africain DJ Mujava, auteur du tube Township Funk ? Qui les aurait entendus il y a 20 ans ? Qui aurait pensé que la house méchamment distordue de The Count & Sinden aurait déboulé à la première place des charts anglais avec Beeper ?
Le seul liant, c’est ce maximalisme, cette énergie formidable qui relance des carrières (le Canadien Tiga, ressuscité de l’électroclash par la grâce de la puissance des 2 Many DJ’s, eux-mêmes anciens rockeurs sous le nom de Soulwax), en accélère d’autres (la pop d’Ebony Bones, remixée avec brio par The Krays, alias Brodinki et Yuksek). L’important n’est plus d’évoluer dans une sphère, mais de jouer les bons morceaux, de sortir les bons disques, et de les jouer fort (et si c’est trop fort, c’est que tu es trop vieux). Prenez les deux leaders de la scène française actuelle. Ed Banger, le label de Justice, passe sans souci de Justice à Mr Oizo, de la pop d’Uffie ou Breakbot au breakbeat du vétéran anglais Squarepusher, quand Institubes, label de Para One et Teki Latex, saute allègrement des productions survoltées de Surkin ou Bobmo à l’album de l’ex-lolita Alizée ou aux décalogues pop de Rob. L’utopie Internet aura au moins et le mérite de faire tomber les frontières de l’électronique. 2010 a du bon.
Quinze albums d’énergie pure :
• Major Lazer - Guns Don't Kill People... Lazers Do
• Modeselektor – Happy Birthday
• Para One – Epiphanie
• One To Ten
• The Count & Sinden – Mega Mega Mega
• Turbo Omnidance
• Boys Noize - Oi Oi Oi
• Diplo - Decent Work For Decent Pay
• The Subs - Subculture
• Ed Rec Vol. 2
• Hervé - Ghetto Bass 2
Vingt vidéos "so 2010" :













































