Art Rock : lancement de la 29e édition - 17/05/2013
I Blame Coco : "Être la fille de Sting risque de m'handicaper sur certains aspects mais j'adore ma famille"

Il y a beaucoup de collaborateurs sur ce disque, comment as-tu travaillé avec eux ?
La plupart sont des amis proches, des musiciens ou des producteurs que je connais depuis un moment, donc les choses se sont faites assez naturellement. J'ai rencontré Klas Ålhund (du groupe Teddybears, ndlr) en Suède et c'est devenu mon partenaire privilégié d'écriture. On a enregistré des chansons ensemble et une fois revenue à Londres, je les ai confiées à mes amis Dan Foat et Nathan Boddy pour de la production additionnelle. Voilà comment tout a commencé.
Est-ce par le biais de Klas que tu as rencontré Robyn, qui chante avec toi sur le single Caesar ?
Oui. Avant qu'il ne me la présente, je ne la connaissais que de nom, mais j'admirais déjà son travail. On est allés boire un coup ensemble et on est devenues amies. C'est là que je lui ai fait écouter une démo très basique de Caesar et qu'elle m'a dit qu'elle voudrait bien chanter dessus. Elle est très cool, très concentrée, elle travaille beaucoup. Je la respecte vraiment en tant qu'artiste et je suis très heureuse qu'elle soit sur mon disque.
Comment écris-tu tes chansons ?
Je commence toujours par la mélodie. Ensuite "j'habille" cette mélodie d'instruments et d'arrangements et enfin j'écris les paroles, qui me viennent la plupart du temps très naturellement. Tout l'album s'articule autour du thème de The Constant, qui est d'ailleurs son titre. La pensée constante, l'attente constante de quelque chose… C'est le fil rouge qui relie tous les morceaux du disque entre eux. Le morceau The Constant, quant à lui, est le point de départ de l'album, c'est à partir de lui que j'ai entrevu à quoi allait ressembler le disque dans son intégralité. Il ne restait plus qu'à lui trouver des frères et sœurs.
Quand as-tu décidé que tu voudrais faire de la musique ?
Comme on peut s'en douter, je baigne dans la musique depuis toujours. (rires) Mais je n'ai jamais voulu chanter, je trouve ça trop ennuyeux. Et puis à l'âge de 15 ans, j'ai commencé à écrire des chansons, que je me chantais doucement à moi-même, d'une petite voix. Je n'ai jamais vraiment décidé de me produire devant des gens, mais tu sais, après quelques bières, tout le monde peut chanter. D'une certaine manière on peut dire que j'ai débuté dans un pub. (rires)
Comment tournes-tu ?
On tourne là-dedans (elle pointe la petite camionnette noire garée à côté de La Flèche D'Or). On a conduit depuis Londres avec ça. J'adore mon groupe, on forme une vraie famille en tournée. Nous sommes cinq dans le groupe, sans compter le tour manager, l'ingé son et le roadie. C'est une joyeuse équipée.
Quand tu me racontes ça, ça me rappelle vraiment cette période où les artistes débutent et font tout eux-mêmes… Était-ce important pour toi de prendre ton temps pour lancer ta carrière ?
Très important oui. Je trouve que ma génération n'est pas familière avec le concept de patience. La plupart des gens ont les facultés d'attention d'une cacahuète. (rires) J'ai été signée très jeune et j'ai rapidement dû prendre d'importantes décisions. Je suis content d'avoir pris le temps qu'il fallait pour trouver "mon son". Si je m'étais précipitée j'aurais très bien pu me fourvoyer et je pense que je n'apprécierais pas autant de jouer les chansons que je joue aujourd'hui.
Est-ce pour cette raison que tu as attendu de sortir quatre singles avant de sortir ton album ? Caesar est quand même sorti en février 2010 alors que l'album sort en octobre…
J'ai décidé que je voulais un album à combustion lente. Au commencement, les ventes de Caesar étaient assez confidentielles. Puis on a sorti Self Machine et ce n'était pas encore les objectifs qu'on s'était fixés. Mais d'un autre côté, on a rassemblé un peu plus de fans à chaque fois. J'ai progressivement gagné en crédibilité et c'est ce qui est vraiment important quand on pense sur le long terme. Je préfère ça à débarquer de nulle part avec un gros tube que les gens auront déjà oublié le lendemain.
Dirais-tu que ton album est ambitieux ?
J'ai surtout l'impression d'être la petite nouvelle à l'école. C'est un peu mon "album de maternelle". (rires) J'espère que j'aurai l'occasion d'en enregistrer plein d'autres à l'avenir, mais pour le moment je suis très fier de celui-ci. Je croise les doigts.
Je voulais te poser la question inévitable sur ton père, mais à l'écoute de The Constant et vu la façon dont tu gères ta carrière de zéro, on n'a pas vraiment l'impression qu'il ait eu la moindre influence artistique sur toi…
Ça reste quand même mon père, et qu'on le veuille ou non, les parents ont toujours une influence sur leurs enfants. Mais c'est vrai qu'artistiquement, je me suis construite en marge de lui – sans que ce soit forcément conscient d'ailleurs. Je me suis contentée d'être moi-même. Les seuls conseils qu'il m'a donnés, c'est de travailler dur et de garder la tête froide, de ne pas déconner. C'est assez simple mais c'est solide. (rires) Bien évidemment, le fait d'être la fille de Sting risque de m'handicaper sur certains aspects mais j'adore ma famille et je ne la changerais pour rien au monde.

































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