Jamaica : "Nous sommes complètement un groupe de rock"

Est-ce que Jamaica peut être présenté comme un groupe de rock ?
Florent : Complètement.
Antoine : C’est complètement un groupe de rock, guitare-basse-batterie sur scène, l’album a été enregistré comme ça. Bon, on a programmé les batteries mais notre batteur, David, s’en sort comme un chef pour les reproduire sur scène. Mais c’est un groupe de rock, c’est des chansons de rock, c’est des thèmes de paroles de rock, y a des solos de guitare, y a d’la distorsion, c’est un groupe de rock.
Comment expliquez-vous que l’on vous associe à la scène électro, celle de Phoenix, Daft Punk, Justice ?
Antoine : C’est une erreur des Victoires de la Musique pour Phoenix, c’est tout, mais Phoenix, c’est un groupe de pop.
Florent : C’est assez marrant de remarquer que pas mal de groupes de rock français sont classifiés électro car Phoenix, oui, c’est plus pop qu’électro. Pour nous, c’est sans doute parce que l’on bosse avec Xavier de Justice.
Antoine : Le fait d’utiliser des ordinateurs et que ça s’entende, mais on n’a aucune structure électro, on aime ça, on écoute ça, on connaît mais ce n’est pas la musique que l’on pratique en fait et même je rajouterais que Xavier et Gaspard avec Justice font de la pop presque, vraiment quoi, ce sont des gens qui écrivent des chansons.
Antoine, tu sembles faire une différence entre AC/DC et les Stooges, peux-tu nous l’expliquer ?
Antoine : Parfois, les gens prennent Jamaica pour un groupe électro parce qu’on a choisi un parti pris de mise en place. En fait, ça devient un peu technique mais pour moi AC/DC, c’est de la musique de mise en place, en tirant un peu les Rolling Stones sont de la musique de mise en place aussi en fait. Cest-à-dire que quels que soient les parties que jouent les différents instruments, ils ont besoin d’être très en place pour que ça sonne. Alors que dans les Stooges, il y a quelque chose de plus libre que j’aime beaucoup aussi mais qu’on a décidé d’éliminer de notre musique, même si on adore ça. Pour moi, les Clash sont un groupe de mise en place par excellence, les arrangements sont hyper précis en fait, les Sex Pistols aussi, bref il y a énormément d’exemples… C’est quelque chose qui nous ressemble d’être très carré et c’est l’option qu’on a choisie. C’est comme ça que les chansons qu’on écrit vivent le mieux.
Les groupes français ne semblent plus avoir aucun complexe par rapport à l’international. Par exemple, vous chantez en anglais, ça semble très naturel, et dans le clip (I Think I Like U2) il n’y a que des images des Etats-Unis comme si c’était votre territoire, comment expliquez-vous ça ?
Antoine : Peu de gens aujourd’hui peuvent avoir ce genre de complexe, c’est à mon avis terminé, ça ne devrait pas être un problème. Ce n’est plus d’abord un marché français mais plutôt un marché mondial, on a d’ailleurs signé sur un label européen.
Florent : C’est grâce à internet aussi d’ailleurs, il y a eu une espèce d’ouverture. Les Américains par exemple peuvent désormais écouter de la musique chantée en anglais d’où qu’elle vienne. Il n’y a plus de honte, encore moins de gêne.
Antoine : Ça n’a jamais posé de problème à d’autres pays comme la Suède, je fais référence à Abba, de chanter en anglais, et je ne pense pas que les Français aient encore cette crainte. Ils n’ont plus de complexe avec la langue et tant mieux.
Votre single s’appelle I Think I Like U2, c’est quoi votre secret ? Comment peut-on aimer U2 ?
Antoine : Bono pense que c’est un hommage à U2, comme il le dit dans le clip, on va le laisser croire ça… Non, ce n’est pas un hommage à U2 uniquement c’est aussi une référence à une chanson de Prince I Would Die 4 U qui est un très très beau morceau, cette manière d’écrire l’anglais avec des chiffres à la place des mots ne se fait plus trop, mais nous on aime bien et on l’a repris.
Est-ce que ce n’est pas également un hommage à cette musique des années 80 qu’on croyait avoir plus subie qu’aimée et que subitement l’on redécouvre aujourd’hui ?
Florent : C’est vrai qu’effectivement ce côté années 80-90 ressort…
Antoine : Ce que l’on entend quand on est petit forme l’oreille, même involontairement. On préfère Rick Springfield et Police à U2 en fait, on a fait le tri avec les années… Police, c’est un bon exemple du groupe qui devenait insupportable, je le sais ma sœur était fan et leurs disques tournaient sans cesse à la maison. Mais plusieurs années après, qu’est-ce qu’il reste au fond ? Les chansons. Et ces types en ont écrit quelques-unes de pas dégueulasses.
Le titre de l’album No Problem, c’est un pied de nez ?
Antoine : C’est mieux que Relax Max déjà…
Florent : C’est peut être pas une philosophie mais ça nous représente pas mal.
Antoine : C’est comme ça qu’on a fait l’album, c’est comme ça qu’on a écrit les chansons. C’est comme ça qu’on vit le truc au jour le jour, un message positif.
Cela veut dire que faire un groupe de rock, c’est une chose facile aujourd’hui ?
Antoine : On a la chance de pouvoir avoir un groupe de rock maintenant en France, on y prend beaucoup de plaisir, c’est une vraie chance et on a envie de la saisir. No Problem c’est quand même mieux que Plaignez-Moi, non ? C’est ce qu’on avait envie de dégager en fait, une vision positive, même si certains textes vont aborder d’autres questions. Il y a plusieurs lectures, mais c’est la musique que l’on absorbe en premier.
Est-ce qu’i y a un message ?
Florent : On espère que les gens vont s’amuser avec nous, on est là pour écouter de la musique, donner le sourire aux gens.
Antoine : Moi j'ai envie que les gens s’aperçoivent qu’il y a des solos de guitare dans l’album !















































