Just Jack : "Dans la vie on n'est jamais totalement heureux ou malheureux, c'est toujours entre les deux"

Le 24/06/2009 à 00h06, par SFR Live Concerts

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Just Jack : "Dans la vie on n'est jamais totalement heureux ou malheureux, c'est toujours entre les deux"

L'Angleterre a cette propension à accoucher d'artistes à la personnalité bien trempée, véritables chefs d'orchestre modernes qui mènent leurs parcours musicaux comme ils l'entendent, en dépit des tendances et des modes – passagères par définition. C'est ainsi qu'à l'instar d'un Mike Skinner qui a façonné The Streets à son image, Jack Allsopp – ou Just(e) Jack – jalonne depuis 2004 sa jeune discographie d'albums forts et intemporels. Le troisième et dernier en date s'intitule All Night Cinema ; rencontre avec son auteur.

 

Que s'est-il passé pour toi depuis la sortie de ton précédent album, Overtones ?
Rien de vraiment spécial. J'ai énormément tourné sur cet album durant presque toute l'année 2007, je n'ai donc pu me consacrer à l'écriture de ce nouvel album qu'en 2008. Le retour en studio a été assez pénible au débu,t mais ça s'est débloqué petit à petit, et à la fin 2008, j'entrais en studio avec mon co-producteur habituel pour l'enregistrement. Nous avons terminé l'album en janvier 2009.

 
Entre-temps, tu as aussi collaboré à la compilation des 40 ans de la BBC. Comment t'es-tu retrouvé sur ce projet ?

Pour cet album, la BBC avait demandé aux artistes qui marchaient bien en 2008 de reprendre une chanson par année sur les quarante dernières années. Au début j'avais prévu de faire Trick Me de Kelis pour 2003, mais finalement quelqu'un d'autre a eu cette année (The View qui reprendra Don't Look Back into the Sun des Libertines, NDLR), ça devait être une bonne année (rires) ! Quand on m'a donné 1997, j'ai tout de suite repensé à Lovefool des Cardigans, qui est vraiment une excellente chanson ! Ce n'est pas vraiment mon truc de faire des reprises, car, ne faisant pas de guitare ou de piano, je n'ai pas l'habitude de jouer la musique des autres et préfère généralement me concentrer sur mes propres chansons. Mais c'est intéressant aussi de s'attaquer à d'autres univers…

À ce propos, comment s'est passé le travail sur All Night Cinema ?
C'était assez compliqué de s'y remettre car je savais que je voulais absolument traiter de sujets dont je n'avais encore jamais parlé. Je ne voulais pas parler de moi sur cet album, parce qu'à un moment, ta vie commence à devenir routinière et ce n'est plus très intéressant d'écrire dessus. J'ai donc préféré me concentrer sur des personnages et des histoires. En termes de travail, la démarche était assez proche d'Overtones : essayer de donner à chaque chanson une ambiance qui lui est propre. J'ai donc beaucoup tâtonné au départ, j'ai écrit des trucs, je les ai enregistrés pour savoir si j'aimais ou pas, et j'ai fini par trouver ma ligne directrice. Pendant longtemps, je ne savais même pas si ce que j'étais en train de faire était bon ou pas, jusqu'à ce que tout soit terminé et que les gens me disent que oui (rires) !

En termes d'ambiance, j'ai trouvé cet album un peu plus sombre. Était-ce voulu ?
Le monde a changé depuis la sortie d'Overtones, l'humeur générale est plus sombre qu'à l'époque, et je pense que ça a forcément joué sur l'humeur de ce disque. J'ai aussi voulu faire un mix entre mon premier album, The Outer Marker, qui était très underground, et Overtones. Ceux qui avaient adoré mon premier album reprochaient au second son côté plus commercial, et inversement. Je suis content d'avoir réussi à combiner le côté sombre du premier avec le côté enjoué du deuxième. Mais même si, sur Overtones, les mélodies sont plus dansantes au premier abord, ça ne m'empêche pas d'écrire des paroles "déviantes". C'est important pour moi de mélanger l'humour et la tristesse, car dans la vie on n'est jamais totalement heureux ou malheureux, c'est toujours entre les deux.

Pourquoi avoir choisi Embers comme premier single ?
C'est une volonté de marquer mon retour en prenant le public à contre-poil. Si j'étais revenu avec un morceau qui ressemble à Starz in Their Eyes, ça n'aurait été qu'un titre de plus par Just Jack. Embers est un morceau étrange dans sa structure, il n'y a pas de refrain ni de climax, c'est juste une ambiance géante délayée sur 3 minutes 30 (rires) ! Ce que j'aime aussi, c'est que quand elles l'ont entendue pour la première fois, certaines personnes n'ont pas aimé cette chanson, avant de revenir plus tard en disant "En fait, ce morceau est génial !", tandis que, pour d'autres, c'était le contraire. J'aime cette idée de manipuler les émotions.

Et pourquoi avoir choisi Doctor Doctor comme éventuel deuxième single ?
Parce que ça ressemble plus à ce que je faisais avant (rires) ! Mais là encore, si tu écoutes les paroles, c'est l'histoire d'un mec qui est à bout de nerfs, complètement parano, qui déteste ses collègues de bureau et qui s'automédique au Prozac… Donc, ce n'est pas encore la joie (rires) ! On revient à cette idée de mix permanent entre humour et tristesse...

Après Disco Friends sur Overtones, il y a encore dans cet album un morceau qui a une discothèque pour décor : Goth in the Disco. Est-ce un lieu d'observation privilégié pour toi ?
En fait, c'est surtout que j'aime beaucoup le disco comme forme de musique, l'ancien comme le nouveau. Quand mon co-producteur est arrivé avec ce son très disco, j'ai tout de suite aimé. Je l'écoutais encore en faisant mes courses, tout en regardant autour de moi et en me demandant qui détesterait vraiment l'entendre. J'ai donc écrit cette histoire de gothique dans une discothèque qui ne rêve que d'une seule chose : y mettre le feu (rires) ! Un peu comme dans Carrie de Stephen King. Là encore, ça parle surtout de marginaux, de personnes qui se sentent mal à l'aise dans la norme. Je ne peux pas m'empêcher de me demander à quoi ressemblent leurs vies…

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