Kanye West : un nouveau titre chanté dans une pyramide - 17/05/2013
Les Eurockéennes vues par... We Were Evergreen

La nouvelle de notre sélection aux Eurockéennes de Belfort nous est tombée dessus par surprise. Nous n'avions même pas pensé, en nous inscrivant, que quelqu'un nous choisirait parmi tous ces autres élus potentiels.

Mais, à quelques jours de la fin des votes sur Internet, en nous voyant dans le peloton de tête, nous avons commencé à croire que c'était réellement possible, que les Eurockéennes n'étaient plus qu'à deux doigts de nous, et que ce rêve qui nous paraissait jusqu'alors impensable pouvait se matérialiser.
Au final, les jours qui ont précédé notre départ pour Belfort sont passés très vite, entre répétitions de dernière minute et organisation rapide de notre séjour, et nous nous sommes tous trois retrouvés le 2 juillet au soir, Gare de l'Est, tout notre matériel sur le dos et tout frétillants.
Jusqu'ici pas d'encombres (il faut dire que, pour la première fois de ma vie, j'étais en avance pour un train), le trio We Were Evergreen était au complet : Fabienne (voix-piano-robes rigolotes), William (percus-arrangements-bretelles) et Michael (voix-guitares-cravate). Ne manquait plus que Thibault, cameraman / roadie / ingé son improvisé, qui est apparu à la toute dernière seconde, sourire soulagé et caméra à la main.

Les quatre heures de train vers Belfort nous ont donné l'agréable impression de fuir la capitale vers des paysages verts et tranquilles. Nous sommes arrivés à la nuit tombée, dans cette petite ville qui ne laissait rien présager d'elle-même à l'aube du festival : première nuit passée dans un hôtel bien sympathique, près de la gare.
Le lendemain, réveil à 10h30, à peine le temps de goûter aux viennoiseries du coin que nous avons déjà pris un taxi en otage. Nous arrivons donc en avance (décidémment!) au site de Malsaucy où a lieu le festival. Premières joies quand, à l'entrée, on nous donne des bracelets "Artistes" et que nous voyons notre nom écrit bien clairement sur le programme, au même titre que tous les autres groupes et artistes ! Nous avons même failli aborder un illustre inconnu au stand, persuadés qu'il s'agissait de Chapelier Fou !

En attendant Jérôme de chez SFR Jeunes Talents, nous nous sommes plantés dans un coin du parking à l'entrée et, le soleil de plomb et le ventre quasi-creux aidant, avons commencé à chanter en chœur à peu près tous les tubes de Michael Jackson (dans l'indifférence générale). Puis Jérôme est venu nous accueillir, déjà bronzé, et nous a accompagnés jusqu'à la scène SFR Music is (a)Live pour que nous prenions nos marques...
C'était notre première fois au festival en tant qu'"artistes" comme en tant que spectateurs : ce qui saute aux yeux, c'est déjà la beauté du paysage, cette petite presqu'île verdoyante et ces lacs prometteurs. Le site est immense mais regorge de coins dissimulés (notamment ce petit ponton esseulé derrière la scène SFR, où je suis allé me réfugier pour me concentrer avant le concert, et qui offre une vue magnifique le soir sur les berges).

À l'heure où nous sommes arrivés, le site était encore presque vide, on voyait traîner quelques roadies et ingés son ventre à l'air. C'était drôle de se dire que, deux heures plus tard, ce serait bondé. Nous en avons profité pour découvrir la scène SFR Music is (a)Live, idéalement placée à côté de celle du Chapiteau, et donc a priori sur un lieu de passage conséquent. L'équipe SFR était très accueillante, nous avons pu bénéficier d'une caravane à côté de la scène, pour entreposer notre matériel et nous reposer. Nous y avons rencontré les journalistes très sympas de Goom Radio, qui nous ont interviewés pour leur site!

Puis, c'est l'heure d'aller manger : nous avons accès à la cantine pour artistes, où nous accueille un super buffet. Nous avons encore du mal à nous rendre compte de ce qui se passe et nous cherchons les stars autour de nous. Au bout de quinze minutes, on se rend compte qu'à la table d'à côté, il y a Alela Diane elle-même (elle s'était coupée les cheveux, la friponne !), qui prend des coquillettes comme tout le monde, eh oui, et qui s'en va avant que je puisse faire mon "fanboy" et que je lui saute dessus.
Nous faisons nos balances vers 15h30. Au fur et à mesure que les heures avancent, l'excitation initiale laisse place au stress et à la prise de conscience soudaine que nous allons nous exposer, sans filet, à un public potentiellement nombreux et inconnu, au milieu des têtes d'affiches que sont Alela Diane et les Yeah Yeah Yeahs, et à quelques centaines de mètres de Ghinzu! Ça y est, le site est archi-rempli et les concerts ont commencé : nous allons vagabonder près de Chapelier Fou, mais l'esprit est un peu ailleurs. Quelques minutes du concert d'Oxmo Puccino, puis c'est l'heure, il faut retourner à la caravane se concentrer. Des amies venus de Paris sont déjà là devant notre scène. D'ici quelques minutes, c'est à nous ("c'est la dernière chanson", lance Oxmo depuis le Chapiteau...).

Même pas le temps de réellement faire un point avant le concert, juste le temps de se changer et ça y est, nous sommes sur scène. Maxime, notre ingé son patient et souriant (malgré quelques problèmes de son pendant les balances) donne le feu vert. William attaque directement avec un solo de batterie aguicheur, puis nous partons sur Thieves Like Us. Quelques chalands se rapprochent, au sortir du Chapiteau, mais c'est sûr, la grande majorité va aller directement voir Ghinzu à la Grande Scène. Notre défi est de les faire dévier de leur chemin et de les retenir un petit peu, peut-être d'attirer leur attention, idéalement de leur faire oublier que le méga groupe belge est en face (quel challenge !).

Globalement, le concert se passe plutôt bien, malgré des erreurs, et nous avons réussi à ameuter un public timide qui, grâce à nos incitations, se rapproche un peu de la scène. Cette expérience de concert en festival est frappante : le public est beaucoup plus frivole qu'en salle, plus difficile, d'autant que notre jeu, parfois doux, doit redoubler d'intensité pour conserver son énergie. Au bout de quarante minutes, la chanson finale, Penguins & Moonboots, réussit à faire chanter, et les applaudissements du public sont comme le rafraîchissant trophée d'un périple long d'une semaine.

Au sortir de scène, quelques festivaliers viennent nous parler pour nous féliciter, dont des professionnels de la musique. On se rend enfin compte du plaisir qu'on a eu à jouer sur cette scène, de cette expérience incroyable que nous venons de vivre et qui est passée très (trop) vite!

Mais pas le temps de se reposer, car maintenant c'est le moment d'aller profiter du festival avec nos petits pass "artiste". Jusqu'à dimanche, nous profitons de concerts incroyables (dont Staff Benda Bilili, que nous allons féliciter en personne en backstage !), nous découvrons le village presse et ses petits fauteuils près de l'eau, retournons à la cantine dès que possible pour croiser des stars (je retiendrai notamment ce déjeuner pris en face de Phoenix, et ces petits regards croisés avec Thomas Mars au détour d'un yaourt – Fabienne soutient que c'était pour elle, mais je suis sûr que non...!)...
En bref, ce voyage à Belfort était une expérience hallucinante, que nous devons entièrement à l'organisation de SFR Jeunes Talents, qui, en plus de nous offrir le voyage et l'hôtel, nous a aussi accueilli avec sourire et patience (ce qui n'est pas toujours facile!). Merci donc à eux et, encore une fois, à tous ceux qui ont voté pour nous sur le site www.sfrjeunestalents.fr ! Nous avons passé de merveilleux moments là-bas, et espérons bien sûr y retourner, comme spectateurs, mais aussi comme artistes, qui sait?

Par Michael / We Were Evergreen
Retrouvez nos live report des festivals Eurockéennes et Main Square
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