Matias Aguayo : "Une soirée est faite pour perdre le contrôle"

INTERVIEW : CLUBS
Ton premier souvenir de club ?
Je ne me souviens pas où c'était, je revois les lumières sur le sol, multicolores, changeantes et synchronisées sur un beat - je ne pouvais pas rester, j'étais enfant. Le DJ aurait enregistré cette nuit pour moi sur cassette, je l'écouterais, danserais dessus et m'imaginerais le reste.
La première fois que tu as joué dans un club ?
Le premier endroit où j'ai joué régulièrement, c'était le Liquid Sky à Cologne, mais ce n'était pas vraiment un dance-club... En fait, je ne me rappelle pas le premier... Beaucoup de soirées, oui, sous les ponts à Cologne et ce genre de choses. Mais, le premier club...
Qu'est-ce qui te plaît dans un club ?
J'aime quand tout le monde danse et par là, je veux vraiment dire tout le monde. J'ai vécu ça quelques fois, quand vraiment tout le monde est en phase, quand les mouvements te permettent de glisser avec élégance dans la foule.
Et ce que tu n'aimes pas ?
Je n'aime pas l'évolution actuelle, par exemple quand les gens prennent des photos dans les clubs ou quand ils restent figés comme des piquets au milieu du dancefloor. Je trouve également regrettable qu'il y ait trop de restrictions, comme les interdictions de fumer ou les videurs qui virent ceux qui veulent danser sur scène. Une soirée est faite pour perdre le contrôle.
Ton meilleur souvenir ?
Être tombé amoureux sur le dancefloor.
Le pire ?
Celui d'un DJ dont je tairai le nom et dont l'horrible musique s'apparente à du harcèlement sexuel.
L'endroit mythique dans lequel tu aurais aimé jouer (comme le Studio 54, qui est à présent fermé) ?
Le Music Box (une fameuse discothèque de Chicago, ndr) probablement...
Comment imagines-tu le club parfait ?
Un espace où chacun sentirait le corps de l'autre, sans pour autant se heurter. Un lieu où les personnes qui ne dansent pas ne viendraient tout simplement pas et où la musique aurait toujours du rythme, sans barrière de style ou de genre, avec un son qui peut se refléter sur tout ton corps.
INTERVIEW : DISQUES
Le premier disque que tu as acheté ?
Break Dance - Electric Boogie de West Street Mob.
Celui que tu ne quitteras jamais ?
O Sea, hello! des Diegors.
Le disque d'un autre artiste que tu aurais aimé enregistrer ou produire ?
Il n'y a pas d'album d'un autre que j'aurais aimé enregistrer. Mais, je dois bien avouer que ça aurait été génial de jouer les percussions sur Thriller...
Peux-tu citer quelques disques qui t'ont inspiré dans ton travail ?
La Guitarra Taquillera de Luis Cuellar, Video Clash de Lil' Louis et Guerrero de Rebolledo.
Quel est le disque dont tu es le plus fier dans ta collection ?
Ma compilation des Los Corraleros De Majagual en trois vinyls.
Celui que tu possèdes dont tu te sens le plus honteux ?
Je n'ai honte d'aucun d'entre eux.
Celui que tu aimerais faire découvrir à quelqu'un ?
Pas un en particulier mais toute la discographie d'Andres Landero.
L'album que tu aimerais qu'on t'offre ?
The Banger de Mike Dunn... Je ne me rappelle pas où j'ai bien pu laisser le mien...
Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?
Une playlist de cumbia et de guaracha (genres musicaux respectivement colombien et cubain, ndr) que j'ai faite à partir de matériel acheté sur les marchés.
Si tu devais parler simplement mais librement de ton dernier disque à quelqu'un qui ne le connaîtrait pas, qu'est-ce que tu lui dirais ?
Que c'est un album très dansant et basé sur la voix, avec beaucoup de mélodies et de rythme. Un album qui a été incroyablement fun à enregistrer.
INTERVIEW : TECHNO(LOGY)
Quel est ton rapport à la technologie ? Es-tu un plutôt un geek ou juste un accro ?
J'adore faire de la musique et l'électronique rend possible le fait de pouvoir l'arranger et la produire sans l'aide d'un groupe, d'un orchestre ou d'un grand studio. Mais je ne suis pas si friand que ça de technologie. Je n'aime pas trop la complexité, j'aime juste les choses de qualité qui sonnent bien.
L'engin technologique dont tu es le plus fier (portable, ordinateur, TV, TiVo...) ?
Mon microphone et son ampli !
Celui dont tu ne pourrais absolument pas te passer ?
Manifestement, l'ordinateur est la chose dont je suis le plus dépendant...
Quelle est ton application favorite sur ton téléphone ?
Le réveil matin.
T'es-tu déjà retrouvé complètement en panique devant une de tes machines (par exemple un bug informatique) ?
Oui, je pense, mais c'était il y a si longtemps que je ne m'en souviens plus...
Le service online dont tu ne pourrais pas te passer ?
SoundCloud.
Ton site web favori ?
myspace.com/musicacomeme et myspace.com/bumbumbox
T'es-tu déjà imaginé revenir en arrière et vivre dans les années 90, sans téléphone portable ni internet... ?
Beaucoup de choses me seraient impossible, les collaborations, en particulier, avec tous les artistes sur le label Cómeme seraient irréalisables. Je préfère vraiment les conditions actuelles d'accès à la musique...
Si demain, tu bénéficiais d'un budget illimité à dépenser pour du matériel technologique, qu'est-ce que tu achèterais ?
Un bateau assez grand pour accueillir tous mes amis et parcourir le monde !
Une conclusion ?
Pour moi, la technologie est géniale à partir du moment ça reste assez facile pour que je puisse me débrouiller avec.
Ecouter le mix : Matias Aguayo : FACT Mix 53
20 ans de musiques électroniques, septième épisode : 2007-2009















































