New Kids On The Block : Retour vers le futur

Le 07/02/2009 à 01h02, par SFR Live Concerts

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New Kids On The Block : Retour vers le futur

Ça va bientôt faire un an que la nouvelle est tombée : les New Kids On The Block se reforment ! Le 4 février 2009, c’est une réalité : dix-sept ans après son dernier concert parisien, le premier boys-band de l’histoire investissait le Zénith pour une soirée placée sous le signe de la nostalgie… Mais pas seulement.

 

 

 

Assemblés en 1984 par le producteur Maurice Starr, les New Kids On The Block représentent le prototype originel du boys-band de l’ère MTV. De 1986 à 1994, les cinq garçons de Boston connurent un succès planétaire sans précédent couronné d’or et de platine. Les multiples tentatives infructueuses de réanimer le groupe lors des quinze dernières années prouvent que le temps du retour n’était pas encore venu. En 2009 : ils sont prêts ! Et à voir l’état de surchauffe du Zénith ce soir-là, il semblerait que nous l’étions nous aussi. Comme lors de ces soirées rétro-90 (de type We Are The 90’s) qui fleurissent de-ci de-là, ce sont environ trois mille adolescent(e)s trentenaires qui se sont replongés dans la folie de leurs années collège. À l’extinction des lumières, une clameur surréelle emplit la salle tandis qu’une constellation de téléphones portables se braque sur la scène. Projeté sur l’écran géant qui surplombe le décor, un petit film à la gloire du groupe se charge de faire monter la pression à base de "Il y a quinze ans, ils disparaissaient… Aujourd’hui, ils sont de retour !", le tout sur une musique outrancièrement épique à faire passer Gladiator pour un film de Woody Allen… L’hystérie culmine lorsque les lettres NKOTB se tracent progressivement sur l’écran et que le groupe apparaît enfin en haut de la plateforme dressée au milieu de la scène…

 

 

 

À la surprise générale, c’est avec une chanson de leur dernier album, Single (un morceau accompagné sur disque par le chanteur R&B Ne-Yo), que les New Kids décident d’entamer le concert. Dès les premières minutes du show, tout se remet en place : les cinq pieds de micro sobrement alignés en avant-scène, les petits pas de danse synchronisés, l’osmose harmonique des cinq chanteurs... Quinze ans ont passé et dans le fond rien n’a changé. Les souvenirs affluent plus vite qu’un élastique qu’on relâche et la magie opère comme au premier jour. My Favorite Girl se charge quant à lui de relancer la machine à remonter dans le temps et renvoie tout le monde en 1988. Après deux chansons de lovers, les New Kids décident d’énerver un peu la soirée et balancent You Got It (The Right Stuff) et le fameux "oh oh ohoh oh" qu’ils font reprendre par la foule en délire…

 

 

 

Sur scène, chacun des New Kids se taillera une portion plus ou moins égale du show (à l’exception de Jonathan Knight, qui donnera sa part). Ainsi, chaque fan aura droit à un passage solo de son chouchou. Avec son impérissable sourire béat planté au milieu de la figure – encore un truc qui nous avait manqué – Jordan Knight étendra sa bonne humeur communicative à tout le public, tout en le régalant de ce timbre suraigu très caractéristique (appelé "fausset", pour les amateurs de technique), miraculeusement resté intact. Son passage solo, il le fera au sommet d’une plateforme hydraulique, chantant Baby, I believe in you torse nu sous une chemise blanche ouverte ballottée par un ventilateur qui souffle par en dessous. On frôle le kitsch…

 

 

 

Longtemps considéré comme le "bébé" du groupe, Joey McIntyre – aujourd’hui 38 ans – n’a pas tout à fait perdu ses traits juvéniles et reste encore pour beaucoup le chéri de ces dames (à en croire le nombre de "Joeeeeeeeeey !" entendus lors du concert). Son passage solo, lui, se fera sur Where do I go from here, façon crooner : feutre sur la tête, chemise entrouverte, nœud papillon défait, veste pliée sur l’épaule et un jolie performance vocale en prime, enrichie de quelques faux pas de claquettes. Classe, Joey !

 

 

 

Depuis le départ une des têtes pensantes des New Kids (première recrue de Maurice Starr, il participera au casting de tous les autres membres – notamment son frère Mark ou son meilleur ami Danny Wood), Donnie Wahlberg s’impose désormais comme le leader naturel de la formation. Il se chargera aussi de toute la communication avec son public lors de quelques interventions mémorables – comme lorsqu’il s’empare d’un drapeau tricolore au premier rang pour s’en vêtir quelques instants. Plus classe encore, son petit speech de remerciement : "On vous aime tous. Même les mecs. Ou plutôt les mecs, on vous respecte. Car si vous êtes là ce soir, de deux choses l’une : soit vous accompagnez une fille et ça fait de vous un gentleman. Soit vous êtes fans des New Kids On The Block et vous assumez." Passage solo : un Cover Girl plutôt rock’n’roll…

 

 

 

Danny Wood, quant à lui, a toujours un peu représenté le bad boy des New Kids. Traits anguleux, voix grave, style "urbain", Wood apportait un côté voyou romantique au quintet. C’est aussi un sacré danseur de breakdance qui nous régalera, affublé d’un survêtement Adidas (et entouré de danseuses dans la même tenue), d’une petite démonstration de danse hip-hop old-school sur Games. C’est également lui qui animera et commentera le "Facetime", où Jon Knight, armé d’une caméra, filme la foule qui peut s’admirer en temps réel sur l’écran géant.

 

 

 

Enfin, fidèle à lui-même, Jonathan (ou Jon) Knight a pris un malin plaisir à jouer à l’homme transparent. D’une timidité presque maladive, le grand frère de Jordan parvient à assurer le spectacle tout en maintenant le profil bas. Ce ténébreux mélancolique qui a énormément souffert du succès des New Kids (enchaînant attaques de panique sur dépressions chroniques durant toute cette période) aura même été à l’origine de la séparation du groupe en pleine gloire. Et même s’il vit désormais mieux les affres de la célébrité – au point de rejoindre ses anciens camarades dans leur reformation – Jon Knight reste un homme très discret, qui sait même se faire oublier sur une scène en face de trois mille fans déchaînés. À la fin du morceau Click Click Click (composé par Akon pour l’album The Block), le groupe a pour habitude d’organiser un concours de "poses". Joey prend alors quelques instants pour commenter la photo affichée sur l’écran géant et décernera ce soir-là le prix de la meilleure pose à Jonathan, qui ne saura tout simplement plus où se mettre (d’autant que les autres improvisent une petite chanson/danse en son honneur). Il décrochera finalement un timide "merci" qui sera son seul mot de la soirée.

 

 

 

Alors oui, avec une moyenne d’âge qui plafonne à 38 printemps, les New Kids On The Block ne sont plus tout à fait des "kids". Ils ne sont même plus tout à fait "new", d’ailleurs. Et à l’âge respectable où l’on aurait plutôt tendance à devenir cadre de sa boîte, on peut se demander ce que font ces cinq adultes à jouer aux vieux beaux qui tapent des chorégraphies désuètes habillés en faux jeunes, qui plus est dans une industrie musicale où les dates de péremption des artistes s’est cruellement réduite lors de la dernière décennie. Pour quiconque, un tel come-back aurait été dangereusement casse-gueule, mais pas pour les New Kids. Plus qu’un banal boys band, les NKOTB prouvent qu’ils sont un véritable phénomène appelé à durer. Mieux : en collaborant avec Ne-Yo, Akon, Lady GaGa ou les Pussycat Dolls, ils se payent avec The Block un lifting next generation plutôt réussi qui pourrait bien leur ouvrir les portes d’une nouvelle jeunesse…

 

Et oui : ils ont fait Step by Step. Et oui, c’était énorme !

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