Phil Collins : "Une tournée en France ne dépendra que de l'accueil réservé à l’album"

Le 06/10/2010 à 14h10, par SFR Live Concerts

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Phil Collins : "Une tournée en France ne dépendra que de l'accueil réservé à l’album"

L’ex-batteur de Genesis, Phil Collins revient avec un album de reprises, pas n'importe lesquelles, uniquement de la soul, en grande partie empruntée au label mythique que fut la Tamla Motown. Et comme si ça ne suffisait pas, il a demandé aux musiciens de l’époque de participer à l’enregistrement. De fait, ce disque intitulé Going Back est bluffant car à l’écoute on jurerait qu’il a été enregistré à l’époque, pour Phil Collins c’est un véritable retour en grâce après huit ans de silence.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réenregistrer, on vous croyait retraité à Genève ?
Phil Collins :
Ce n’est pas vraiment un come-back, je compte bien rester un peu en retrait sinon en retraite... Tout d’abord je n’avais pas réalisé que ça faisait aussi longtemps que je n’avais rien enregistré, huit ans me dites-vous ? Wow ! Cela dit, j’aurais bien continué à ne rien faire et m’occuper de mes deux garçons, j’aime aller les chercher à l’école et les emmener voir des matches de football. J’ai un studio d’enregistrement, et croyez-moi ce n’est pas très compliqué de l’éviter. Comment je fais ? Concrètement, je prends un autre chemin. Je n’avais plus envie, mais avec un album de reprises, je gagne au moins une étape, celle de l’écriture, et quand on est dans cette situation de demi-teinte, croyez-moi c’est énorme. J’étais aussi très occupé par mon livre sur l’histoire de la révolution au Texas, j’adore cette période et cela m’a accaparé tout mon temps, le disque est venu alors que j’avais terminé ce livre, mon manager qui devait se douter que j’en avais envie sans me l’avouer m’a dit : "Tu devrais enregistrer un nouveau disque ! Et si tu n’as pas envie d’écrire de nouvelles chansons, enregistre des reprises !". Ça n’a pas mis longtemps à faire tilt dans ma tête et j’ai eu l’idée de ce disque de reprises soul, des chansons avec lesquelles j’avais grandi et qui restent ce que je préfère. C’était un peu Noël avant l’heure, je pouvais choisir mes morceaux préférés et les reprendre à ma guise.

Il y a beaucoup de surprises, ce ne sont pas que des tubes, vous essayez de nous faire découvrir des chansons, et puis on s’attendait aussi à une nouvelle version de votre tube You Can't Hurry Love.
La raison pour laquelle j’ai fait You Can’t Hurry Love il y a trente ans est la même qui m’a poussé à faire cet album aujourd’hui. Je suis un fan de la Motown, des Four Tops de Diana Ross, des Temptations, des Jackson 5, des Marvelettes, de Smokey Robinson, des Supremes… Sinon, j’ai bien fait une nouvelle version de You Can’t Hurry Love mais comme j’avais déjà plein de chansons, je n’ai pas jugé bon de l’inclure, peut-être en bonus dans une édition future. Je le ferai sur scène en tout cas.
 

Votre disque est également très respectueux du son de l’époque.
C’est ma partie (jeu de mots avec un morceau de Lesley Gore It’s My Party", ndlr), je fais ce que je veux, mais ça me fait plaisir d’entendre cela, pour moi c’est un pur compliment.

Il y a des morceaux peu connus comme Talking About My Baby des Impressions, un choix étonnant.
Curtis Mayfield reste l’un des plus grands chocs de ma vie, j’étais allé voir les Yardbirds, mon tout premier concert, au Marquee, ils faisaient une chanson qui s’appelait I’ve Been Trying qui est un morceau de Curtis Mayfield. Je suis sorti de là avec comme seul but de me procurer tous les disques de Curtis Mayfield que je pouvais trouver. Je voulais cette chanson absolument, je voulais l’avoir et la réécouter. Curtis Mayfield a écrit certaines chansons merveilleuses, comme It’s Allright ou People Get Ready. Sinon pour mon album, j’ai essayé de choisir certaines morceaux que les gens ne connaissaient pas forcément en même temps que des titres que les gens connaissaient déjà (Love Is Like A) Heatwave de Martha Reeves and the Vandellas, Uptight (Everything’s Alright) de Stevie Wonder ou Papa Was A Rolling Stone. Je voulais surprendre.
 

Êtes-vous nostalgique de vos tendres années ?
Oui, mais pas à cause de mon âge, ce n’est pas la nostalgie qui m’anime. Il y a un moment dans votre vie où vous commencez à regarder dans le rétroviseur et ça, j’ai l’impression que c’est quelque chose que j’ai toujours fait. (rires) Je suis nostalgique du savoir-faire de cette école, de la façon dont elles étaient arrangées et produites, c’était fantastique, cela ne peut mourir. Ce n’est pas une nostalgie triste, ni de la mélancolie, mais plutôt l’inverse complet, de la joie, la joie de pouvoir sélectionner le meilleur de cette époque. Ces chansons signifient énormément pour moi, à cause d’une ancienne fiancée, ou d’un groupe que j’ai découvert à cette même époque, comme les Action ou les Who. C’est la beauté de pouvoir revenir en arrière, j’ai toujours voulu faire cela, chanter ces morceaux. Il y a une très célèbre citation de George Harrison lorsqu’il a produit le film La Vie de Brian, il a dit : "J’ai payé pour que ce film soit tourné parce que j’avais envie de le voir !" Ce disque, je l’ai enregistré parce que j’avais envie de l’écouter.

Quel est le groupe de cette époque qui reste dans votre mémoire ?
The Action, sans aucune hésitation, ils étaient produits par George Martin (producteur des Beatles). Ils auraient dû devenir énormes, ils auraient dû exploser, ils étaient contemporains des Who, ils étaient amis, partageant souvent l’affiche mais les Who écrivaient leurs propres compositions et, à mon avis, c’est ce qui a fait la différence. Les Action n’écrivaient pas, leur force résidait en ce fait qu’ils savaient s’approprier les morceaux des autres. Ils faisaient de grandes reprises, dans un esprit très fidèle puis se sont mis à adapter à leur style ces reprises. Ils restent mon groupe préféré de cette époque. Je mettrais les Action devant les Beatles dans mon panthéon personnel, ce sont eux qui m’ont le plus influencé dans ma propre vie. Leur batteur Roger Powell, qui était un grand, un très grand, m’a influencé plus que n’importe quel autre batteur, mais je ne les mentionne que très rarement tout simplement parce que personne ne s’en souvient. Lorsque je parle des Beatles ou des Who, tout le monde les connaît.
 

Allez-vous remonter sur scène ?
Il y a quelques dates, au mois de juin aux Etats-Unis et en Angleterre avec un orchestre, une vingtaine de musiciens, il n’est pas encore prévu de venir en France, car ça coûte une fortune, mais pourquoi pas ? La tournée ne dépendra que de l'accueil réservé à l’album, sinon je peux retourner faire ma sieste, ça ne me dérange pas !

 

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