Robin McKelle – Mess Around

Découverte il y a quatre ans dans les clubs et les festivals de jazz, l’Américaine Robin McKelle élargit son répertoire en abordant soul, funk, r’n’b et pop dans un album kaléidoscopique et virtuose, Mess Around.
On a connu Robin McKelle en chanteuse de jazz sur albums Blue Note. Mais, déjà, elle disait : "Je ne savais pas que je serais une chanteuse de jazz. Je savais seulement que je serais chanteuse." Et, d’ailleurs, elle enregistrait et jouait sur scène des titres très différents du répertoire jazz habituel, comme Abracadabra du Steve Miller Band, typique de la pop synthétique du début des années 80, dont elle faisait une reprise parfaitement swing.
Avec son nouvel album, Mess Around, elle enfonce le clou : à trente-trois ans, il n’est pas question qu’elle se laisse enfermer dans un genre ou dans une technique et elle élargit férocement sa palette, notamment avec une série de reprises très personnelles. Elle prend ainsi Everybody Knows de Leonard Cohen comme un R’n’B de rue de la Nouvelle-Orléans, Eleonor Rigby des Beatles comme un titre soul-jazz up tempo, Lonely Avenue de Doc Pomus comme un grand morceau de bravoure nocturne et sensuel… Piochant dans la country ou dans les classiques des cabarets, elle démontre un sens très affirmé de la liberté et de la relecture. Dans les quatre compositions personnelles qui complètent l’album (dont Mess Around, qui l’ouvre et lui donne son titre), elle prouve également la plasticité de son écriture, qui parvient à se hisser au niveau des grands modèles. Certes, elle n’invente rien dans la langue soul, R’n’B ou jazz, mais elle en manie le vocabulaire et la syntaxe avec une habileté assez affirmée pour qu’on ne soit pas étonné si, un jour, elle signe un grand standard international…
Un signe : Fred Wesley, le tromboniste légendaire de James Brown a accepté de l’accompagner mais a aussi signé les arrangements de quelques titres de l’album.














































