The White Stripes - Under Great White Northern Lights

Jack et Meg White savent enthousiasmer un public avec la plus naturelle des décontractions, ils n’ont rien de rockstars un peu pédantes et s’amusent en allant directement à l’essentiel. Cette tournée en est la preuve la plus éclatante. En 2007 (entre le 24 juin et le 16 juillet), sous l’œil du réalisateur Emmett Malloy, ils entreprennent une tournée canadienne, non pas des stades (ils le pourraient), mais des salles de chaque état, qu’on imagine au mieux municipales, au pire grandes comme nos MJC, en le complétant toujours d’un showcase sur un bateau, dans une salle de billard, en plein-air, dans un café, un bowling... Lors de l’interview qui étaye les images live, Jack et Meg nous confient qu’ainsi ils peuvent profiter de leur périple et échanger, que lorsqu’ils se produisent dans de grandes salles, ils ne profitent jamais de rien.
Le film dure 92 minutes, et on y découvre 16 morceaux puisant dans tous les albums, sauf le deuxième DeStijl, avec une setlist privilégiant Elephant et Icky Thump. Dans ce road-movie, (on ne cesse de les voir en avion, en voiture, bref sur la route), le chemin des White Stripes croise celui de gens ordinaires, d’un chauffeur de camion qui les emmène parce que c’est sur son chemin et leur demande ce qu’ils font dans la vie - "Beaucoup de bruit !" répond Jack - ou de ce maire qui vient les chercher lui-même dans sa voiture perso et leur vante sa petite ville de Whitehorse (dans le Yukon). Il leur parle aussi des bisons qui sont en voie de disparition et qu’il a réussi à apprivoiser… Le film est émaillé de petites scènes du quotidien comme celles-ci, et c’est ce qui est le plus touchant, voir que même avec 12 millions d’albums vendus, les White Stripes ont su rester accessibles. Pourtant, avec leur look de conquistadors perdus au milieu du désert canadien, ils ne font jamais pièce rapportée. Et ça c’est le plus étonnant surtout si on compare ces images avec celles que l’on a en tête de groupes débarquant au milieu de nulle part, il y a en général toujours quelque chose qui cloche.
Cela commence avec le happening du One Note Show à St-John auquel même Sonic Youth n’avait pas pensé (tout est dit dans le nom, Jack et Meg ne joue qu’une note), pour se terminer avec ces images de Meg qui éclate en sanglots sur When I Hear My Name. Son supposé frère, (c’est ce qu’ils ont toujours déclaré même si à un moment de l’interview Jack annonce qu’il ne cesse de dire des mensonges pour se protéger), la prend très tendrement dans ses bras. Meg est à l’image des White Stripes, elle a une beauté brute, naturelle, à laquelle il est bien difficile de résister. Touchante sera le mot le plus adéquat. C’est assurément le moment fort de ce film avec plusieurs explications possibles : elle pleure parce qu’elle se rend compte que le groupe vient de donner son ultime concert, elle pleure parce que cette chanson parle de leur histoire d’amour, elle pleure parce qu’elle est crevée... On n’avait jamais vu le groupe ainsi et on a encore plus hâte de les revoir en action.
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