We Have Band : "La France est un pays qui a toujours été bon avec We Have Band"

Le 08/04/2010 à 15h04, par SFR Live Concerts

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We Have Band : "La France est un pays qui a toujours été bon avec We Have Band"

Depuis Hear It In The Cans, irrésistible disco synthétique biberonné à E.S.G. et aux Talking Heads, débusqué au détour du tracklisting de la sixième compilation Kitsuné, plus rien ne semble pouvoir résister au trio londonien We Have Band. Après avoir affolé la hype pendant des mois en l'attisant à coups de singles dévastateurs (You Came Out, Honeytrap, Divisive…), We Have Band prend enfin le chemin des bacs avec son premier album, WHB. Rencontre avec ces trois passionnés à l'occasion d'une visite parisienne.

 

Vous avez travaillé tous les trois dans une major du disque, cela vous a-t-il permis de savoir ce que vous vouliez faire ou ne pas faire en vous lançant dans la musique ?
Darren :
Pas forcément, non. Peut-être que ça nous a aidé à faire les choses un peu mieux, mais je ne pense pas que notre expérience dans un label nous ait vraiment beaucoup servi. On nous a beaucoup dit : "ah, je vois que vous prenez votre temps avant de signer sur un label", mais on n'a jamais fait une chose pareille. (rires) On a juste commencé à faire de la musique dans notre chambre, après on s'est dit "allons faire des concerts", puis les gens ont commencé à s'intéresser à nous... comme pour beaucoup de groupes en fait. On ne voulait pas attendre alors on a continué à tourner, à sortir nos premiers singles et on a commencé à jouer devant tellement de gens qu'on s'est demandé à quoi nous servirait un label. Mais on est très contents d'avoir signé avec Naïve, car ça nous aura permis de vous rencontrer, toi et les autres journalistes. (rires) Ils nous permettent d'apporter notre musique à un plus grand nombre.

Vous êtes beaucoup venus jouer en France à vos débuts, vous avez été découverts sur une compile française (Kitsuné), même les réalisateurs du clip de Divisive sont français… Avez-vous un lien particulier avec notre pays ?
Thomas :
C'est vrai, en fait on est français ! (rires) On a eu beaucoup de chance, Naïve s'est très rapidement intéressé à nous et Kitsuné a été essentiel pour nous faire découvrir non seulement en France mais dans toute l'Europe, où leurs compilations sont très appréciées par un public qui aime découvrir de la bonne musique. On est venus à Paris plus d'une dizaine de fois l'année dernière, on aime vraiment venir jouer ici.
Darren : En Angleterre, tu peux très vite être catalogué dans une scène et en être prisonnier. Ici on n'a jamais eu l'impression que c'était le cas, que les gens étaient plus ouverts, qu'ils avaient moins de barrière. On l'a notamment vu aux Transmusicales, où on a reçu un accueil très chaleureux. Et surtout en France la bouffe est meilleure ! (rires)

Ce n'est pas un peu cliché de dire ça ?
Darren :
Non, je t'assure, la différence est flagrante dans les loges. Parfois partir en tournée en Angleterre, c'est une vraie punition !
Thomas : Et puis il y a toute une scène électro française qu'on adore : Daft Punk, Justice, Air, Phoenix… Non, vraiment la France est un pays qui a toujours été bon avec We Have Band.

Comment est né ce premier album ?
Thomas :
Ça a été très lent au début, les six premiers mois nous n'avions écrit qu'une quinzaine de chansons. On a ensuite commencé à faire des concerts, tout en continuant à écrire à côté, et rapidement on s'est retrouvé avec un répertoire de vingt-trente chansons, de quoi faire un bon album. Les premières chansons qui ont été écrites sont les plus atmosphériques, puis en janvier 2009 on a eu une autre poussée d'inspiration où on a écrit les chansons plus rythmées comme Oh!, Hear It In The Cans ou You Came Out.
DeDe : On avait "besoin" de chansons comme ça pour les concerts, car elles ont un impact plus immédiat sur le public. Surtout quand tu joues dans un festival ou une première partie, où tu n'as qu'une demi-heure, il faut en mettre un coup direct.

C'est assez troublant d'ailleurs le fossé qu'il y a entre ces singles très efficaces et des morceaux beaucoup plus contemplatifs… Était-ce une volonté ?
Darren :
Franchement, pas du tout. On fait d'abord de la musique pour nous, sans forcément penser à la finalité des morceaux. S'il y a un an tu nous avais dit qu'on allait "faire exprès" de composer des singles, on t'aurait ri au nez. L'album a cette dualité parce que nous avons sélectionné ce qui était selon nous les douze meilleurs titres qu'on avait. Si les douze meilleurs avaient tous été atmosphériques, l'album aurait eu un autre visage.
Thomas : Pour l'instant on n'a souvent joué sur scène que nos morceaux les plus dansants, mais maintenant que l'album est sorti, j'ai hâte de pouvoir jouer les autres aussi. Le public connaîtra le disque, ils seront plus patients et seront plus à même de se laisser prendre par le rythme particulier de ces morceaux.

Vos pochettes et vos clips semblent former un tout cohérent avec votre musique, était-ce important pour vous ?
Darren :
Évidemment, oui, mais pour tout te dire, ça s'est fait un peu par hasard. On a demandé à des gens qu'on connaît plus ou moins de travailler avec nous et les différents résultats tendent à bien cohabiter entre eux. On ne participe pas à proprement parler à l'élaboration des clips ou des pochettes, mais on choisit d'accorder notre confiance à telle ou telle personne dont le travail nous est apparu intéressant. Pour le moment ça nous réussit plutôt bien.
DeDe : Ce qui est fascinant, c'est de voir le résultat final. Pour le clip de Divisive, on a juste passé la journée dans des costumes gris et jaunes à prendre toutes les positions qu'on nous disait de prendre, on avait un peu de mal à concevoir le produit fini. (rires) Quand on a vu le clip, on n'en croyait pas nos yeux. Un peu comme pour le clip de You Came Out, où on s'est contentés de rester immobiles pendant qu'ils ont passé l'après-midi à nous peindre le visage à intervalles réguliers.
Thomas : L'idée c'est de continuer de collaborer avec des artistes dont on apprécie la démarche et ne pas tomber dans le piège du super-designer ou du super-réalisateur qui va vampiriser ta musique. C'est comme ces albums dont le producteur est plus connu que le groupe…

De ce côté-là, le producteur de WHB, Gareth Jones, est pourtant loin d'être un inconnu (Depeche Mode, Grizzly Bear, Interpol, etc.)…
Thomas :
C'est vrai, mais l'album a été produit en grande partie par nous-mêmes. Gareth a surtout fait des productions additionnelles et du mixage. Son truc, c'était de nous faire sonner comme en live.
Darren : C'était une des raisons pour laquelle on a tout de suite voulu travailler avec lui. Tu peux bosser avec des producteurs qui ont de grandes visions pour toi, et où tout ce que tu peux faire c'est t'adapter. Gareth, c'est le contraire, il nous a dit : "je m'adapte au groupe, je m'adapte au budget et aux délais. Et si vous voulez sonner plus live, c'est ce qu'on va faire". C'était vraiment agréable de travailler de cette manière.

 

 

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